Président Biden, Où Sont vos Convictions Libérales?
Voici ma question pour vous, Président Biden : comment pouvez-vous simultanément occuper le poste de dirigeant de la plus grande puissance libérale de la planète et continuer de supporter les attaques à Gaza?
Être libéral consiste à croire que chaque vie humaine a une valeur égale et incalculable. En tant qu’étudiant en relations internationales, je me questionne souvent sur le rôle de cette croyance dans les situations de conflits. Je suis conscient que plusieurs me considéreront naïf, mais je vois une contradiction dans l’affirmation qu’il soit parfois nécessaire d’imposer la souffrance à des innocents pour réinstaurer la paix.
Quoi qu’il en soit, même pour un libéral qui accepte cette prémisse, il doit exister une limite à partir de laquelle il devient inacceptable de sacrifier des personnes innocentes au nom de la paix. Selon Joe Biden, elle n’a pas encore été atteinte par le gouvernement d’Israël.
Contextualisation
Le 26 janvier, la Cour Internationale de Justice (CIJ), la plus haute instance judiciaire de l’ONU, a émis une injonction provisoire reconnaissant un cas plausible de génocide commis par Israël dans la bande de Gaza.
La CIJ a répondu à une requête de l'Afrique du Sud visant à remédier à l'urgence humanitaire en Palestine. Le gouvernement d’Israël est désormais tenu, dans un délai d’un mois, d’améliorer l’accès à l’aide humanitaire et le monitorage des droits humains.
Crise humanitaire intentionnelle?
L’Organisation Mondiale de la Santé et le Programme Alimentaire Mondial déplorent les conditions de vie des Gazaouis. La famine et les maladies représentent maintenant un danger vital et imminent.
Les forces israéliennes ont été accusées de bloquer l’entrée de denrées essentielles et d’assistance humanitaire à Gaza, alors que plusieurs ministres israéliens ont appelé à la migration volontaire des Palestiniens hors de Gaza. Devoir quitter son pays parce que des bombes ont détruit ou endommagé plus de 30% des bâtiments, et parce que l’aide humanitaire ne peut prévenir les gens de mourir de faim ou d’infection me semble plutôt involontaire.
Support militaire
En décembre, l'administration Biden a contourné la branche législative du gouvernement pour vendre 147,5 millions de dollars américains d'armes à Israël, justifiant cette pratique par la nécessité urgente de défense. Plusieurs législateurs américains sont inquiets du sort que les civils reçoivent et demandent plus de prudence de la part de l’armée israélienne dans ses opérations.
Quelques semaines auparavant, Joe Biden avait lui-même critiqué les actes d’Israël à Gaza, utilisant l’expression « indiscriminate bombing » pour décrire les attaques ayant fait jusqu’à maintenant plus de 27 000 morts, dont environ 70% sont des femmes et des enfants.
Support politique
Le même mois, les États-Unis ont utilisé leur droit de veto pour empêcher une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU appelant un cessez-le-feu immédiat en Palestine.
Si la puissante administration de Joe Biden avait appliqué une politique différente, le Conseil de Sécurité aurait pu implémenter différentes mesures, autant pour décourager les dirigeants Israéliens de continuer les attaques que pour porter appui aux Gazaouis. Des sanctions, telles que des restrictions financières ou un embargo sur les armes auraient pu être imposées. Une opération de maintien de la paix aurait aussi pu être déployée afin d’assurer l’accès à l’aide humanitaire et la sécurité des civils.
Conclusion
En tant que naïf libéral sans prétentions, je ne peux pas me prononcer sur ce que constitue des représailles proportionnées aux attaques du Hamas le 7 octobre dernier. Toutefois, monsieur le Président, vous devriez être en mesure de répondre à cette question : combien d’innocents devront mourir, combien de souffrance devra être endurée pour que votre compas libéral vous empêche de supporter les attaques?