Comment on Utilise l’Argent pour Prendre Soin de l’Environnement
Si tu vis sur Terre, tu as sans doute remarqué une préoccupation générale concernant la qualité de la planète sur laquelle vivront nos générations futures.
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont la raison pour laquelle le climat se réchauffe. Le problème, c'est que nous dépendons des activités humaines responsables de l'ajout de ces gaz dans l'air.
Cela nous laisse deux choix:
Optimiser nos processus pour être plus respectueux de l'environnement.
Cesser de nous engager dans ces activités.
Une fois que nous nous sommes habitués à un certain mode de vie, la tendance humaine n'est pas encline à s’en priver volontairement.
Alors, comment pouvons-nous nous motiver à prendre action ?
L'argent ! On s’en sert dans le carde des marchés du carbone.
Continue à lire pour découvrir comment nous utilisons l'argent au sein de trois instruments différents qui atteignent ces objectifs :
Forcer les entreprises émettrices de GES à payer pour leurs émissions.
Inciter les entrepreneurs à développer des innovations écologiques.
J’illustrerai la croissance des marchés carbone dans le monde entier et parlerai de leur avenir. Mais d'abord, assurons-nous de bien comprendre ce que sont les marchés du carbone.
Les Marchés du Carbone
Chaque produit ou service que tu achètes a un marché.
Marché = L'ensemble de tous les acheteurs et vendeurs autour d'un produit ou d'un service
Pour avoir un marché, il faut des vendeurs et des acheteurs. Sans acheteurs potentiels, aucune entreprise ne se donnera la peine de créer quelque chose.
Lorsque les entrepreneurs sentent qu'un nouveau marché pourrait être créé, ils sont motivés à développer des produits et des services pour répondre aux désirs des acheteurs potentiels. Note que participer à un marché émergent peut représenter un risque considérable en raison de l'incertitude de la demande future.
Les gouvernements peuvent créer certains marchés. Lorsqu'il y a un service dont tout le monde bénéficie, par exemple les forces de police, les pompiers et la collecte des déchets, les régulateurs rassemblent l'argent des contribuables pour permettre à quelqu'un de le fournir de manière rentable.
Comment les marchés sont-ils créés en ce qui concerne la réduction de la quantité de gaz à effet de serre dans l'atmosphère ?
Dans un monde parfait, les marchés carbone sont là pour que les entreprises et les individus réduisent leur impact sur l'environnement à court terme tout en travaillant à développer des alternatives écologiques.
Les marchés du carbone peuvent être divisés en deux catégories différentes. L'une est sur une base volontaire, et l'autre est obligatoire.
Marchés de Conformité
Les marchés de conformité sont créés par la réglementation gouvernementale qui pousse les entreprises à être plus respectueuses de l'environnement. Ces réglementations peuvent prendre la forme de l'un des deux instruments de tarification du carbone.
La taxe Carbone - “Carbon tax”
Le Système d'Échange d'Émissions (SÉÉ) - “Emissions Trading System (ETS)”
Selon les pays participants, ces deux systèmes peuvent être mis en œuvre au niveau régional, national ou international. Voici une carte détaillant les territoires où différents instruments de tarification du carbone sont déjà mis en œuvre ou à l'étude.
Figure 1. Pays et territoires avec une réglementation obligatoire active ou planifiée sur les émissions de gaz à effet de serre
Source : Banque mondiale, p. 16
En avril 2022, on recensait 68 instruments de tarification du carbone actifs, et trois étaient prévus pour rejoindre cette liste. Aucun de ces 71 programmes ne couvre 100% des émissions de gaz à effet de serre de leur territoire (1). Des industries spécifiques sont ciblées, généralement celles qui sont responsables d'une part importante des émissions.
"Une industrie est un groupe d'entreprises qui sont liées par leurs activités commerciales principales." (2)
Les pays avec la plus grande part d'émissions couvertes par des politiques gouvernementales sont l'Afrique du Sud, Singapour et le Canada, avec environ 80%. La taxe carbone et le système d'échange d'émissions couvrent environ 23% des émissions mondiales (1).
Taxe Carbone
Un gouvernement qui met en place une taxe carbone fixe un prix sur les émissions de gaz à effet de serre.
1 tonne de CO2 émise = x $
Les industries obligées de payer pour leurs émissions sont incitées à les réduire grâce à l'optimisation des processus et à l'innovation.
Fixer un prix sur le CO2 pour les entreprises = Investissement pour réduire les émissions de CO2
Un prix plus élevé sur les émissions de gaz à effet de serre incite les entreprises à orienter davantage de ressources vers leur réduction, ce qui entraîne une plus grande réduction.
Mission accomplie !
Système d'Échange d'Émissions (SÉÉ)
Sous le système de taxe carbone, le prix des émissions de CO2 est fixé, tandis que la quantité d'émissions est variable.
Le système d'échange d'émissions fonctionne à l'inverse. Le gouvernement fixe le nombre d'émissions et le marché de l'industrie détermine le prix du carbone.
Un SÉÉ fonctionne selon un système de plafonnement et d'échange. Explorons ses deux composantes principales.
Plafonnement :
Un montant maximal d'émissions est autorisé. Ce plafond est réduit au fil du temps, ce qui pousse les entreprises à trouver des moyens de réduire leurs émissions.
Prenons un exemple.
Imaginons qu'il y ait trois entreprises dans une industrie. Un plafond de 300 tonnes de CO2 est imposé à l'industrie pour l'année. Chaque entreprise a une limite de 100 tonnes. Elles recevront toutes les trois 100 allocation.
Une allocation = le droit d'émettre 1 tonne de CO2
Que se passe-t-il si elles émettent plus que cela ? C'est là que l'échange entre en jeu.
Échange :
Les entreprises d'une même industrie peuvent échanger leurs allocations entre elles. Cela crée une motivation financière pour réduire leurs émissions.
Disons que l'entreprise A estime qu'en optimisant un processus spécifique à faible coût, elle peut réduire ses émissions de 30 tonnes de CO2 au cours de l'année. En retour, elle pourra vendre ces allocations à l'entreprise B, qui en a besoin car elle dépassera son budget de 100 allocations pour l'année.
Si le coût de la réduction des émissions est inférieur au profit de la vente des allocations, il est alors financièrement intéressant pour une entreprise de réduire son empreinte carbone.
En fonction des réglementations que les gouvernements décident d'utiliser dans leur instrument de tarification du carbone, les entreprises peuvent être autorisées à échanger des crédits plutôt que des allocations pour s'assurer de ne pas dépasser leur budget d'émissions.
Les crédits sont similaires aux allocations ; ils représentent une quantité fixe d'émissions de CO2, généralement une tonne. Ces crédits proviennent d'un autre instrument de tarification du carbone appelé le mécanisme de crédit carbone.
Mécanisme de Crédit Carbone
Cet instrument diffère de la taxe carbone et du système d'échange d'émissions car il ne nécessite pas que les entreprises paient pour leurs émissions. Au contraire, elles peuvent en tirer des revenus.
Les entreprises peuvent soumettre des projets à des organisations chargées de les examiner et de créer des crédits carbone pour les initiatives méritantes. Si elles peuvent démontrer que leurs activités contribuent à une réduction de x tonnes d'émissions de gaz à effet de serre (GES), x crédits seront créés au nom de ce projet.
Elles peuvent y parvenir soit par séquestration de GES dans l'air, soit par réduction, puis vendre ces crédits à des acheteurs intéressés.
L'offre sur les marchés des crédits carbone relève de trois mécanismes de crédit : International, Domestique et Indépendant. Ce sont les trois types d'organisations qui créent des crédits carbone, et elles ont différents types d'acheteurs.
Mécanismes internationaux
Les crédits créés par des mécanismes internationaux répondent à une demande provenant d'accords internationaux, tels que le Protocole de Kyoto et l'Accord de Paris.
Les pays utilisent des crédits carbone pour atteindre leurs objectifs de Contribution Déterminée au niveau National (CDN).
Les CDN font partie de l'Accord de Paris de 2015. Chaque pays participant s'engage à respecter une quantité maximale d'émissions.
Mécanismes domestiques
Comme mentionné précédemment, certains gouvernements ont des politiques permettant aux entreprises de se procurer des crédits carbone afin de payer pour leurs émissions. Les entreprises choisissant de répondre à une taxe carbone ou à un SÉÉ par l'achat de crédits carbone passent généralement par leur mécanisme domestique.
Mécanismes indépendants
Le marché indépendant répond en grande partie à la demande des marchés volontaires.
Marchés Volontaires
La majorité de la demande de crédits carbone sur le marché volontaire provient des entreprises. Certaines s'engagent à atteindre une neutralité carbone. Elles achètent des crédits auprès de mécanismes indépendants pour accomplir cet objectif.
Le choix de compenser pour leurs émissions provient sans intervention d’une entité législative. Les motivations peuvent varier, allant de préoccupations environnementales légitimes à des droits de vantardise.
Depuis les dernières années, les marchés volontaires croissent rapidement. Avec une société de plus en plus préoccupée par l'environnement, les bienfaits d’être une entreprise verte grandissent également. C’est de l’excellente publicité.
Les secteurs de l'économie où les compensations volontaires sont les plus demandées ces derniers temps sont l'énergie, les biens de consommation, la finance/assurance, les événements/le divertissement et l'alimentation et les boissons (3).
Aide-Mémoire
Figure 2. Relation entre les instruments de tarification du carbone et le type de marché
Mécanismes de crédit carbone :
International = utilisé par les pays pour atteindre les objectifs d'émissions promis dans les accords internationaux
Domestique = utilisé par les entreprises pour atteindre les objectifs d'émissions fixés par leur gouvernement national
Indépendant = utilisé par les entités pour réduire volontairement leurs émissions
L'État Actuel des Marchés du Carbone
Dans l'ensemble, les crédits carbone ont augmenté de 48 % en 2021. Une grande partie de cette croissance provient des marchés volontaires. La création de crédits par les marchés indépendants a augmenté de 88 % sur la même période (1).
Figure 3. Répartition des crédits carbone émis par type de mécanisme en 2021
Source : Banque mondiale, p.36
Comme tu peux le voir, près des trois quarts de tous les crédits carbone fournis en 2021 provenaient de projets enregistrés auprès de mécanismes indépendants.
Une forte croissance de la demande de crédits carbone est prévue pour l'avenir, principalement due à un nombre croissant d'entreprises s'engageant à atteindre une neutralité carbone. Comparée à la demande de 2021, une augmentation de 15 fois est prévue d'ici 2030 et une augmentation de 100 fois d'ici 2050 (1, p.41).
Nous pouvons déjà observer cette tendance en regardant le graphique suivant.
Figure 4. Valeur des crédits carbone échangés sur le marché volontaire du carbone ces dernières années.
Source : Ecosystem Marketplace, p. 3
Le marché a augmenté de près de quatre fois en 2021 par rapport à 2020, atteignant une valeur de près de 2 milliards de dollars américains.
Bien que les marchés créés par les crédits carbone connaissent une croissance rapide, ils restent marginaux par rapport aux revenus que les gouvernements tirent de la taxe carbone et du SÉÉ.
Figure 4. Revenus mondiaux de la tarification du carbone grâce aux taxes carbone et aux systèmes d'échange d'émissions
Source : Banque mondiale, p.27
Tu peux voir ici que les revenus issus de la tarification du carbone augmentent plus rapidement dans le cadre de la réglementation des systèmes d’échange d’émissions. Cela est principalement dû au fait que le prix des émissions de carbone augmente plus rapidement que par la mise en place d'une taxe carbone.
Une grande partie de cette somme amassée par les gouvernements est orientée vers des projets environnementaux et de développement.
L'augmentation des revenus de ces deux systèmes est également appelée à augmenter considérablement avec le temps. Cela s'explique par le fait que les initiatives des gouvernements du monde entier deviennent de plus en plus strictes en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Plus de 70 pays se sont engagés à atteindre zéro émission (4).
Conclusion
La tarification du carbone existe depuis des décennies, d'abord introduite par des organisations environnementales appelant à une intervention gouvernementale.
Les marchés carbone connaissent une impressionnante tendance à la hausse alors que l'opinion selon laquelle le réchauffement climatique devient un problème urgent gagne du terrain.
Aux niveaux international et national, les gouvernements mettent de plus en plus de pression sur les entreprises pour réduire leurs émissions grâce à la taxe carbone et aux systèmes d'échange d'émissions.
Les entreprises achètent de plus en plus de crédits carbone, prenant conscience de l'impact de leurs activités sur l'environnement et du fait que quelqu'un doit payer pour ces impacts, que ce soit maintenant ou dans quelques décennies.
Au niveau de la société, la préoccupation croissante pour notre biodiversité et le bien-être des générations futures renforce ces initiatives.
En retour, des montants croissants d'argent sont investis dans le but principal de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cette tendance ne devrait pas seulement se poursuivre à la hausse, mais augmenter de manière importante au cours des prochaines décennies.
Étant donné qu'une grande partie de cet argent sera canalisée pour stimuler la demande d'innovations visant à réduire les émissions, de nombreux marchés émergents floriront. Les opportunités semblent infinies.
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